Le Village des Lamentations, situé sur l’Île de Yelu dans la ville de Ducheng, district de Huangzhou, est tristement connu comme le « sac d’eau », subissant des inondations neuf années sur dix.
Chaque été, pendant la saison des crues, la prévention des inondations devient la priorité absolue pour tout le village.
À chaque saison des crues, le secrétaire de la branche du Parti du village est toujours le premier à monter sur la digue et le dernier à en descendre. Les villageois disent souvent : « Avec lui, nous nous sentons en sécurité ! »
Ce qui a laissé l’impression la plus profonde à tous, ce fut l’été 2016.
À ce moment-là, les eaux de crue déferlaient vers l’Île de Yelu, menaçant gravement la sécurité de la digue. Une fois de plus, le secrétaire fut le premier à se précipiter sur la digue principale, se fixant une règle stricte : il ne rentrerait pas chez lui tant que les eaux ne se seraient pas retirées.
Avec des pluies torrentielles continues, la situation de prévention des inondations au Village des Lamentations devint extrêmement critique, et il y avait une grave pénurie de jeunes travailleurs valides. Inquiet pour la sécurité de la digue, le père du secrétaire, âgé de plus de 70 ans, sans tenir compte de son âge, insista pour prendre un bateau d’assaut jusqu’aux lignes de front de la défense contre les inondations afin de se joindre à l’effort pour protéger leur foyer.
Quelques jours plus tard, le fils aîné du secrétaire, qui servait dans l’armée, rentra chez lui en permission. Dès qu’il entra dans la maison et apprit que son grand-père et son père étaient tous deux sur la digue à lutter contre l’inondation, le jeune homme de 22 ans ne dit rien, posa ses bagages et se dirigea droit vers la digue.
Et ainsi, trois générations de la famille se tinrent côte à côte sur la même ligne de défense contre les inondations.
Pendant la journée, tous les trois patrouillaient sur la digue, vérifiaient les dangers et transportaient ensemble le matériel de prévention des inondations. Le fils suivait son père de près, se précipitant partout où il était nécessaire. La nuit, le secrétaire faisait rentrer temporairement son père de plus de 70 ans à la maison pour qu’il se repose, tandis que lui et son fils, chacun enveloppé dans une natte de sol imperméable, gardaient respectivement les extrémités est et ouest de la digue. Parfois, ils étaient si occupés qu’ils n’avaient même pas le temps de s’asseoir ensemble pour un repas chaud.
Tard une nuit, une fuite de renard fut soudainement découverte sur le talus aval de la digue, avec de l’eau boueuse jaillissant. Voyant cela, le secrétaire cria : « Suivez-moi ! » et fut le premier à sauter dans la fosse, suivi immédiatement par son fils. Père et fils luttèrent côte à côte, remplissant sac de sable après sac de sable dans la fuite, la boue les éclaboussant de partout.
Deux heures plus tard, la fuite de renard fut colmatée. Père et fils s’effondrèrent sur le talus de la digue, couverts de la tête aux pieds de boue, seuls le blanc de leurs yeux étant visible.
En regardant les yeux injectés de sang de son père, le fils eut le cœur serré et le pressa de rentrer se reposer pour la nuit. Le secrétaire secoua la tête : « Ton grand-père pouvait garder la digue pendant deux mois à l’époque. Moi, je ne suis ici que depuis quelques jours ? »
La période de permission se termina en un clin d’œil, et le fils dut retourner à son unité. Au moment de partir, le secrétaire tapota l’épaule de son fils et dit : « Fais du bon travail dans l’armée. Ne déçois pas notre famille. »
Le fils marcha longtemps, puis se retourna et vit son père qui se tenait encore sur la digue. Cette silhouette résolue était exactement la même que l’image du dos de son grand-père dans son souvenir.
Sur le chemin du retour à l’unité, le téléphone du fils vibra. C’était un message texte de son père : « Je suis désolé, mon fils. Tu reviens une fois par an, et je n’ai même pas pu partager un vrai repas avec toi. »
Tenant son téléphone, les yeux du fils s’embuèrent. Il répondit : « Papa, Grand-père t’a enseigné, et tu m’as enseigné. C’est le fondement de notre famille. Ne t’inquiète pas, je ne te décevrai pas. »
Le fils apprit plus tard qu’après son départ, son père continua à garder la digue pendant plus d’un mois supplémentaire, tenant toujours son serment de ne pas battre en retraite tant que les eaux de crue ne se seraient pas retirées — il ne rentra pas chez lui pendant plus de 40 jours et nuits complets.
Et cette période de lutte côte à côte contre l’inondation devint le souvenir le plus inoubliable et le plus précieux pour le père et le fils.
Trois générations d’une même famille ont gardé la même grande digue et ont transmis la même croyance : Ce qui concerne le Village des Lamentations nous concerne tous.
Héritage de Force
La prévention des inondations est la priorité absolue pour le Village des Lamentations.